B Corp: définir autrement le succès en affaires

l'intelligence est collective

Au-delà de la croissance des profits, de plus en plus d’entreprises cherchent à repenser le succès en affaires en tenant compte de l’impact social et environnemental de leurs activités. La certification B Corp les aide à faire le point sur leurs pratiques et à tracer des voies innovantes pour en faire encore plus pour le bien commun.

Depuis la fondation de l’entreprise en 2006, GSoft veut jouer un rôle positif dans la société.

Lancée en 2006 par l’Américain Jay Coen Gilbert, la certification B Corp accorde une reconnaissance aux entreprises qui s’emploient à rendre nos économies plus durables et à œuvrer au bien-être collectif. En éclairant les entreprises sous cet angle, B Corp vise aussi à inspirer d’autres organisations à entrer dans le mouvement.

La certification porte sur cinq axes: l’impact environnemental, l’impact social, le traitement des employés, les effets sur les clients et la gouvernance. Plus de 2 700 entreprises réparties dans 60 pays et dans 150 industries se rallient aujourd’hui sous l’étendard B Corp. On y trouve des géantes comme Danone et Patagonia, mais aussi de petites compagnies locales, comme l’entreprise montréalaise d’accompagnement en apiculture Alvéole, certifiée B Corp depuis janvier 2018. Et depuis l’été dernier, GSoft s’est à son tour lancée dans l’aventure.

Des mesures concrètes

«Depuis la fondation de l’entreprise en 2006, GSoft veut jouer un rôle positif dans la société, dit Catherine Ouellet-Dupuis, directrice, légal et gouvernance chez GSoft. Nous voulons améliorer le monde du travail. Mais qu’est-ce que ça veut dire concrètement ? Et est-ce que nous le faisons vraiment ?» À l’été 2018, attirées par la perspective de mesurer concrètement les efforts mis par GSoft pour s’inscrire dans un mouvement éthique et collectif, Catherine Ouellet-Dupuis et sa collègue Catherine Salvail, conseillère relations médias et affaires publiques chez GSoft, ont commencé à répondre aux 200 questions que B Corp adresse aux entreprises, afin de déterminer l’admissibilité de GSoft à la certification.

Le projet a vite rallié la communauté GSoft. «Au même moment où nous commencions informellement l’audit interne, les membres de l’exécutif élaboraient le plan stratégique 2019. Ils ont alors décidé que d’obtenir la certification B Corp serait une priorité d’affaires, poursuit Catherine Ouellet-Dupuis. Nous venions tout juste de planter les premières graines du projet et ils nous donnaient déjà plein de ressources : du temps, un stagiaire, un conseiller parmi les administrateurs. C’est ça, GSoft : ça bouge vite !»

Une évolution naturelle

Pour recevoir la certification B Corp, les entreprises doivent obtenir au moins 80 points sur 200, preuves de leurs actions à l’appui. En évaluant les pratiques déjà en place, GSoft cumulait une soixantaine de points sur 200.

En vue d’obtenir la note de passage, il a été déterminé qu’il allait falloir mettre plus d’efforts sur trois secteurs d’impact : l’impact social, environnemental et de gouvernance.

«Ça peut sembler ironique, parce que GSoft s’est classée parmi les 50 sociétés les mieux gérées au Canada, dit Catherine Ouellet-Dupuis. Mais jusqu’ici, nous étions bien gérés parce que nous fonctionnons bien en communauté. B Corp nous amène à formaliser ces façons de faire ; à rédiger notre code d’éthique, par exemple, en plus de le vivre au jour le jour.»

«Chez nous, le projet d’obtenir la certification B Corp s’inscrit dans une évolution naturelle, ajoute Catherine. Je pense que c’est pour cette raison que le projet reçoit autant d’appuis de nos collègues et de la direction.»

La course au B Corp

Chacun des trois secteurs d’impact a son comité, auquel des employés de tous horizons se sont joints spontanément. «Les gens nous disent qu’ils repartent des réunions complètement énergisés», dit Catherine Salvail. La preuve que le projet rassemble et motive! Et chaque comité a pour mandat de sélectionner des interventions à mener rapidement afin de se conformer aux exigences de B Corp, puis de les mettre en place.

Parmi ces interventions, on compte l’adoption d’une politique de dons et de bénévolat. «GSoft était déjà un donateur généreux et les employés font du bénévolat, mais comme nous n’avions pas vraiment de stratégie, il y avait un risque que ces actions soient en fait diluées», explique Catherine Ouellet-Dupuis. Grâce au processus de certification B Corp, la stratégie de dons de GSoft est désormais mieux encadrée et mieux mesurée.

Les impacts positifs de la certification B Corp au sein de GSoft sont nombreux et permettent notamment de définir des stratégies communes, afin d’avoir un impact positif sur la communauté. «Le comité chargé de l’implication sociale a choisi deux secteurs d’intervention, dit Catherine Salvail. D’une part la technologie et l’humain, d’autre part l’entrepreneuriat. Et nous nous sommes donné trois intentions: le partage du savoir, le soutien à la relève et l’impact local sur un enjeu global.»

Un processus d’amélioration continue

Impossible pour une entreprise certifiée B Corp de se reposer sur ses lauriers. Le processus de certification est à recommencer tous les trois ans, et B Corp exige que l’entreprise ait amélioré son bilan entre-temps. Sans compter que les critères de durabilité de la certification évoluent avec l’avancée des connaissances dans chaque domaine que couvre le label.

Déjà, la démarche de certification a conduit GSoft à formaliser et à assurer le suivi de plusieurs de ses bonnes pratiques, en plus de conduire sa communauté d’employés à mettre la durabilité en priorité dans ses prises de décisions. À titre d’exemple concret, GSoft a décidé de choisir le plus possible des fournisseurs locaux pour l’aménagement de ses futurs bureaux; l’entreprise a aussi décidé d’investir dans des lampes associées à des détecteurs de mouvements, par mesure d’économie d’énergie.

Les principes de certification B Corp poussent ainsi les membres de la communauté GSoft à se structurer pour que leurs actions et leurs stratégies aient un impact positif réel. «Maintenant que nous avons développé notre politique de dons, nous allons passer à la mise en œuvre. En créant un comité pour examiner les demandes de dons, notamment», illustre Catherine Ouellet-Dupuis.

Des retombées qui montrent avec éloquence comment l’intrapreneuriat contribue au succès d’ensemble d’une entreprise.

Catherine Salvail

Catherine Salvail

La démarche B Corp me permet de travailler sur un projet rassembleur, qui rejoint mes valeurs personnelles. Et ce qui me plaît particulièrement dans ce rôle, c’est d’avoir la chance de développer des relations privilégiées avec nos communautés et le monde des affaires. Pour me développer constamment, je m’inspire du parcours de certaines personnalités, comme Emma Watson pour son engagement social ou Jean-François Lépine pour sa superbe carrière de journaliste et de vulgarisateur.

Catherine Ouellet-Dupuis

Catherine Ouellet-Dupuis

Dans mon département, nous avons comme mission d’assurer les bonnes pratiques de gouvernance au sein du conseil d’administration et de l’exécutif GSoft, afin d’aligner nos pratiques organisationnelles avec celles de B Corp. GSoft vise à exceller dans ses façons d’agir, c'est pourquoi notre équipe s'inspire de compagnies citoyennes de classe mondiale telles que Patagonia, Toms et Clif Bar. Et personnellement, je tire surtout mon inspiration de nos pairs de la communauté B Corp montréalaise, avec lesquels nous collaborons fréquemment.

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