Recrutement: reconnaitre le rôle central des émotions

Reconnaitre le rôle central des émotions

Et si choisir son futur emploi était une décision tout aussi émotionnelle que rationnelle ? Partant du constat que les émotions jouent un rôle primordial dans nos prises de décisions importantes, GSoft a choisi de considérer ce facteur dans son processus d’embauche. Car les attentes des candidats envers l’employeur ont changé. Fini le temps où les employés travaillaient avant tout pour la paie et le statut social. Aujourd’hui, beaucoup d’entre eux sont en quête de bien-être, d’accomplissement et de relations signifiantes.

« Chez GSoft, on veut comprendre où la personne se situe dans sa recherche d’emploi et son cheminement de carrière, et vers où elle souhaite se diriger »

Si l’on essaie souvent de donner un sens à nos choix en faisant appel à notre raison, avec un peu de recul, force est d’admettre que notre cœur y est aussi pour beaucoup. Se marier, fonder une famille, acheter une maison : toutes les grandes décisions que nous prenons sont motivées par des facteurs à la fois rationnels et émotionnels.

Cette réalité, généralement acceptée dans la vie personnelle, l’est en effet beaucoup moins dans la vie professionnelle. « Comme si la sphère professionnelle était déshumanisée, s’étonne Florian Pradon, responsable expérience candidat chez GSoft. Les gens choisiraient un emploi uniquement pour le salaire, pour le titre qu’il leur donne, pour le statut social qu’il leur confère, et parce que les horaires et le temps de déplacement pour s’y rendre leur conviennent. Pourtant, quand ils font le choix d’un emploi, les gens raisonnent aussi avec leur cœur. »

D’où l’importance d’offrir aux candidats, dès l’étape du recrutement, une expérience humaine qui met en lumière la réalité de travail au sein de GSoft, peu importe l’issue du processus.

Pour en finir avec le recrutement déshumanisé

« Aujourd’hui, on ne cherche plus un ensemble de compétences spécialisées pour effectuer des tâches statiques, mais des individus capables de résoudre des problèmes complexes dans un environnement en constante évolution », remarque Florian Pradon.

Ce modèle de recrutement basé sur la productivité et les compétences techniques est hérité de l’ère industrielle, alors que les employés devaient effectuer des tâches répétitives bien précises. Et bien que ce modèle fût autrefois nécessaire, les besoins des organisations ont changé. C’est pourquoi il est important de se tourner vers un recrutement davantage centré sur l’humain et ses qualités relationnelles.

« Dans une économie dominée par les services, un employeur attend de ses employés qu’ils collaborent au sein d’équipes, qu’ils coopèrent avec des collègues, des fournisseurs ou des clients », poursuit Florian. Pourtant, dans trop de cas encore, les recruteurs tardent à s’adapter à cette nouvelle réalité.

Le processus traditionnel de recrutement, conçu pour répondre aux seuls besoins de l’employeur, demeure toutefois très courant. Le recruteur choisira bien souvent des candidats qui correspondent le mieux à une série de critères prédéfinis. Il s’intéressera rarement à ce qui fait de chaque candidat un être unique, avec ses propres motivations et aspirations. Il cherchera plutôt à déceler dans son parcours des indicateurs de réussite : où a-t-il étudié, pour quelle entreprise a-t-il préalablement travaillé et quelles fonctions y a-t-il exercées ?

Martine, nouvellement embauchée chez GSoft, en témoigne : « Dans la plupart des entreprises, le processus d’embauche est assez formel, presque mécanique, comme une danse qu’il s’agirait de maîtriser. Les entrevues se déroulent toutes de la même manière, on peut presque apprendre à les réussir juste à force d’en faire. » L’entretien d’embauche traditionnel, plutôt que de révéler la personnalité du candidat, devient ainsi une barrière qui empêche de voir au-delà de critères souvent trop restreints.

« Cette idée de reproduire le succès qu’un employé a pu avoir dans un autre environnement est largement dépassée parce que les contextes de travail, d’un emploi à l’autre, sont beaucoup plus variés qu’avant », estime Florian Pradon. Comment, dans ces conditions, établir un véritable dialogue avec le candidat et jeter les bases d’une collaboration fructueuse ?

Converser avec sincérité

La question ici est de savoir comment passer d’un mode transactionnel à un mode conversationnel. Car seul un échange réel peut permettre à l’employeur de se faire un portrait exact de la personnalité d’un candidat, comme à celui-ci de se faire une idée plus juste de l’entreprise dont il désire intégrer les rangs.

Pour établir un tel échange, le recruteur doit adopter un rôle qui ressemble davantage à celui d’un conseiller qu’à celui d’un évaluateur, créant ainsi un lien de confiance et une intimité propices à une expérience émotionnelle positive. Il ne s’agit pas de prendre le candidat en défaut, mais de l’amener à se confier. « Chez GSoft, on veut comprendre où la personne se situe dans sa recherche d’emploi et son cheminement de carrière, et vers où elle souhaite se diriger, explique ainsi Florian. Mais on souhaite aussi exposer la réalité des enjeux et des difficultés rencontrées par l’entreprise. Généralement, les candidats apprécient notre sincérité, ils ont alors tendance à s’ouvrir davantage. »

Ce que confirme Martine : « Lors de l’entrevue, j’ai été impressionnée par certaines discussions où tout le monde discutait ensemble. Je n’ai pas senti qu’on me poussait dans mes retranchements simplement pour voir si je pouvais endurer la pression. On répondait aussi à mes questions de manière très franche. C’est ce qui m’a confirmé que c’était le genre d’endroit où je voulais travailler. »

Ce type d’échange, basé sur l’authenticité et l’empathie, contribue à enrichir la perception que l’employeur se fait d’un candidat, tout en informant celui-ci sur les valeurs de l’entreprise. Si cette ouverture et cette confiance sont certes utiles à l’étape du recrutement, elles le seront plus encore lorsque le candidat sera en poste.

S’immerger

Dans notre vie personnelle comme professionnelle, bonheur et bien-être dépendent bien souvent de la qualité des rapports que nous entretenons avec les autres. « Pour résoudre des problèmes complexes, il faut être plusieurs, note Florian Pradon. Or, la qualité des interactions d’une équipe est la variable la moins prédictible tant que les individus ne sont pas véritablement en contact. » Chez GSoft, on a ainsi pris le pari de mettre sur pied un exercice de mise en situation, où le candidat est invité à participer à une séance d’idéation avec ses futurs collègues. Concrètement, le candidat est mis en situation réelle pour démontrer sa capacité à résoudre une problématique liée à son poste, tout en interagissant avec ses futurs collègues potentiels.

Si cette démarche participative et collaborative permet d’observer le candidat en situation d’immersion quasi réelle et de jeter sur lui un éclairage unique, elle permet également à celui-ci d’observer la dynamique à l’œuvre au sein de l’entreprise et de valider ce qui a été dit en entrevue. Une approche fort appréciée par les candidats : « Dire qu’on est ouvert aux questions, c’est une chose, estime Martine, mais y réagir avec ouverture, c’est plus important encore. Grâce à l’exercice de mise en situation, j’ai eu l’occasion de véritablement tester si j’avais le goût de travailler pour cette entreprise. »

Il est donc clair qu’un rapport de force entre recruteurs et candidats n’est plus nécessaire, et devient même contre-productif. Chez GSoft, on observe une réelle opportunité d’amener le recrutement plus loin, pour que ce dernier devienne avant tout une expérience collaborative et enrichissante pour tous, peu importe l’issue.

Florian Pradon

Florian Pradon

Parce que je me passionne pour toutes les questions qui touchent l'Humain, je trouve mon inspiration quotidienne dans des sources anthropologiques, sociologiques ou encore psychologiques. Dans mon travail, j'aime particulièrement les échanges avec mes collègues, qui mènent à de belles remises en question. En bout de ligne, j'aspire à contribuer à l'amélioration de nos relations avec le travail, pour que mon petit garçon hérite d'un monde plus stimulant, épanouissant et qui a plus de sens.

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