Échouez vite et cassez les (bonnes) choses

17 juillet 2020 7 min. |

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Le monde réel demande à l’univers techno de faire les choses autrement. Il est temps que plus de compagnies entendent ce message.

« Évoluez rapidement et cassez des choses! » Vous avez dû entendre ou lire l’une ou l’autre version de ce mantra proféré lors de conférences d’affaires ou sur le profil d’une multitude de fondateurs. On vous l’accorde : c’est une formule simple et accrocheuse pour décrire la culture des entreprises en démarrage, mais elle est aussi à l’origine d’enjeux cruciaux, et nous croyons qu’il est temps de la reléguer au passé.

Entre l’agilité et la témérité, la ligne est mince. Nous croyons que, dans les dernières années, trop d’acteurs technos ont franchi cette limite à la hâte afin d’arriver les premiers sur le marché et de croître à tout prix. Oui, c’est bien de vous dont on parle, Facebook et Uber : vous avez peut-être atteint le statut tant convoité de licorne, mais on imagine aisément que vous n’aviez pas envisagé un jour d’avoir à défendre vos actions devant une commission du Congrès américain et de devoir faire face, en cours de route, à un grand nombre d’enquêtes criminelles (en anglais seulement).

Après des décennies à prôner un discours selon lequel il est préférable de « demander pardon plus tard », on en voit aujourd’hui les conséquences, et — à vrai dire — ce n’est pas beau à voir. En mûrissant en tant qu’organisation, nous examinons nous aussi nos processus d’innovation pour ainsi voir comment faire partie du changement.

Notre conclusion : il est possible de créer des produits et solutions de façon plus intentionnelle, plus transparente et plus centrée sur l’humain. C’est d’ailleurs ce que le monde attend de nous.

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La rapidité n’a pas besoin d’aller de pair avec la négligence.

Par le passé, nous avons largement parlé du fait que nous avons bâti notre succès autour d’une culture d’itérations rapides et de l’acceptation de l’échec. En toute transparence, par le passé, nous avons certainement nous aussi mis de l’avant le concept d’échec accéléré. Ce que nous n’avons cependant jamais perdu de vue, même durant les premières années chaotiques de GSoft, c’est l’impact de nos produits au-delà des simples murs de nos bureaux.

« On travaille en technologie », explique Guillaume Chalifoux, directeur du laboratoire d’innovation GLab. « Mais on a affaire à des humains tous les jours. » De bien des façons, c’est cette conversation continue avec nos usagers qui nous permet de bien ancrer nos structures, nos processus et nos balises dans une mission et un objectif clairs.

Ceci nous permet également de rester imputables et d’adapter notre compréhension du risque. Pour notre équipe du GLab, par exemple, le risque équivaut à consacrer trop de temps à un produit avant de le mettre en marché pour voir s’il y est réellement adapté. Pour nos équipes plus établies, comme Officevibe, le risque est de nous nous aliéner nos principaux utilisateurs en disqualifiant une fonctionnalité qu’ils aiment déjà et perçoivent comme essentielle.

" On n'essaie pas de briser quoi que ce soit; on veut que nos produits marchent, que les gens soient satisfaits et que nos produits aient du sens. Chez GSoft, on met l’accent sur la simplicité, et on voit cette simplicité-là comme une façon de rendre les choses cohérentes, donc en brisant des choses, on rend les choses incohérentes. "

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Justin Smith

stratège de produit pour Officevibe, chez GSoft

Il est important de souligner que même le mantra de Facebook a évolué; passant de « Ralentissez et réglez vos problèmes » en 2013 à « Avancez rapidement et construisez des choses » en 2018 (en anglais seulement).

S’appuyer sur l’intelligence collective pour trouver une vitesse durable

Avez-vous déjà envisagé d’accélérer vos processus en invitant vos clients à se joindre à vous dans votre carré de sable de conception? Au GLab, nous avons réalisé avec le temps que nos clients ne s’attendent pas à ce que nos produits soient parfaits dès leur lancement. Au contraire, ils sont les premiers à vouloir nous aider dans l’amélioration de nos services et l’idéation de nouveaux projets.

C’est comme si nous leur donnions une toile à moitié peinte. Nous leur fournissons le pinceau et nous apportons les dernières retouches avec eux.

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Perspective d’employés

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On a transformé notre faiblesse — un produit imparfait — en une force qui nous permet de communiquer avec une vulnérabilité totale, et de recevoir leur empathie en retour.

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Guillaume Chalifoux

directeur du laboratoire d’innovation GLab

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Selon Guillaume, cette réalisation a rendu son équipe plus confiante à l’idée de lancer un produit qui est assez bon. Ainsi, nous savons non seulement qu’il faut travailler sur quelques points de friction, mais aussi que si 10 de nos utilisateurs nous reviennent avec le même commentaire, c’est sur celui-là que nous devons d’abord concentrer notre attention. En tenant vos utilisateurs informés et engagés, vous gagnez leur confiance tout en facilitant le processus de marche arrière en avouant sincèrement une erreur. L’échec devient alors inéluctable — une partie intégrante du processus d’innovation — au lieu d’un désastre devant être évité à tout prix.

Saisir les rênes

Trop souvent, les entrepreneurs technos confondent l’innovation avec la permission de commettre toutes les gaffes possibles. Pourtant, faire du mantra « Évoluez rapidement et cassez des choses » notre règle d’or — ou, pire, le graver sur les tasses de bureau — engendre le même résultat chaque fois. La célérité l’emporte toujours sur la qualité.

« Pour nous, il s’agit plus d’aller vite et de faire les bons paris, et de comprendre ensuite à quoi ça ressemble lorsque ça porte ses fruits. On veut toujours aller aussi vite que le peut le GLab, mais la nature de nos paris a changé. »

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Justin Smith

stratège de produit pour Officevibe, chez GSoft

La mentalité propre à la Silicon Valley de vouloir gagner à tout prix a en effet mis une myriade d'entreprises en démarrage sur les rails d’une hypercroissance, et continue de le faire. Mais leur succès a été le résultat d’une approche qui choisit d’enfoncer les barrières sans tenir compte du cadre régulatoire ou de l’impact social. C’était inévitable que ces compagnies cassent éventuellement un élément très important. Dans la plupart des cas, les pots cassés ont non seulement transformé notre compréhension de la viabilité des entreprises, mais aussi notre sentiment de confiance et de sécurité. En fin de compte, nous constatons qu’il est presque impossible d’en recoller les morceaux.

« GSoft voyage dans le temps et se démarque, par conséquent, de ses pairs. Contrairement aux baskets vintages, les stratégies d’affaires nostalgiques où les ventes déterminent la croissance n’ont pas résonné avec les dirigeants de compagnies nés à l’ère du commerce global défini par le mantra ‘’Évoluez rapidement et cassez des choses’’. La domination du marché était le but et dépenser l’argent des autres, le moyen pour y arriver. »

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Kevin Carmichael

journaliste au Financial Post (article en anglais seulement)

Si vous essayez de bâtir une entreprise plus petite, plus pérenne et bien ancrée dans un écosystème de partenaires, il est nécessaire de jouer vos cartes différemment. Cela ne veut pas dire qu’il faut considérablement ralentir le pas, mais plutôt qu’il faut changer de direction, créer le type d’impact désiré et décider que la domination complète n’est pas la seule mesure de succès.

Pour encadrer ce changement, nous utilisons une méthodologie intitulée « Jouer pour gagner ». C’est simple comme bonjour! La technique revient à se poser la question suivante : jouons-nous pour éviter de perdre — ce qui signifie s’accrocher à nos clients existants — ou jouons-nous pour gagner?

« Le client a une valeur à vie, donc si on l’a bien servi, qu’il sent qu’il a obtenu de la valeur grâce à notre produit, mais que celui-ci n’est plus exactement adapté à ses besoins, c’est correct. Il faut penser au coût d’opportunité de ne pas considérer la plus grande opportunité, et apprendre à accepter de laisser partir quelques personnes. »

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Justin Smith

stratège de produit pour Officevibe, chez GSoft

La (nouvelle) voie à suivre

On s’entend, « Échouez vite et cassez les (bonnes) choses » n’est peut-être pas aussi accrocheur que le slogan original de Mark Zuckerberg. Mais avec une conscience socialement responsable croissante qui rejette davantage la mentalité techno de la croissance à tout prix, c’est sans aucun doute le cri de ralliement auquel notre industrie gagne à adhérer. Après tout, casser constamment les choses et brûler les ponts n’est simplement plus viable.

Ainsi, nous vous promettons de continuer à travailler sur notre slogan. En attendant, si notre mission vous parle, nous vous invitons à visiter notre page Carrière et à rendre, vous aussi, notre industrie plus viable pour tous.

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