DÉCLIC

20 août 2020 5 min. |

cover-video

Partager
cet article

Author

Quand l’éducation réinventée ouvre la porte à de nouveaux marchés

Le prologue

" Je pensais qu’être entrepreneure, c’était une expérience roller coaster. Être entrepreneure COVID, c’est roller coaster fois mille! "

Depuis les derniers mois, à la suite de la fermeture des écoles et de la transition accélérée vers le télétravail, les enfants d’un peu partout dans le monde ont pu goûter aux plaisirs et aux défis des journées entières passées à la maison. Or, de nombreux enfants aux besoins particuliers ont perdu le soutien additionnel essentiel dont ils profitaient habituellement en classe, au service de garde ou à domicile. Fondée en 2006, la compagnie Déclic regroupe une équipe de pédagogues et psychoéducateurs qui accompagnent des centaines de jeunes à l’aide d’activités axées sur la collaboration, le plaisir et l’intégration. Lorsque la crise de la COVID-19 leur a coupé l’accès aux espaces physiques dans lesquels ils offraient leurs services, ils ont dû s’adapter, accélérer leur transformation numérique et trouver de nouvelles façons de joindre les enfants issus des quatre coins de la neurodiversité.

La transition

Au matin du 14 mars 2020, le réveil a été brutal pour la fondatrice de Déclic, Cadleen Désir, et son équipe. L’annonce de la fermeture des services non essentiels pour une durée indéterminée signifiait l’arrêt complet des activités de son entreprise. Tous les employés ont été mis à pied temporairement, et la belle croissance de 35 % dont jouissait l’entreprise s’est écroulée à 0 %.

Partager cet article

Perspective d’employés

cadleen-028_finale
large-quotes-left

Ce jour-là, je pensais que j'avais rêvé quand j’ai ouvert les yeux. Mais ce n’était pas le cas. Tout à coup, on devenait un service non essentiel, et accueillir cette nouvelle, quand notre raison d’être est pourtant tellement importante, a vraiment été une épreuve difficile. Mais j’étais prête à me battre pour sauver notre cause en adaptant notre offre.

dash-bar
Cadleen Désir

fondatrice, Déclic

large-quotes-right

L’entrepreneuse s’est demandé comment cette entreprise bâtie sur 15 ans pourrait maintenant survivre et continuer de servir les quelque 2 000 jeunes dans son réseau tout en soutenant les dizaines d’enfants qui étaient déjà placés sur la liste d’attente.

La solution de Déclic à cette impasse? Une clinique virtuelle, qui a été mise sur pied en un temps record de quelques semaines : un virage numérique qui n’était pourtant pas prévu avant 2022. Ébranlée par le revirement de situation, l’équipe est demeurée soudée en planifiant des rencontres hebdomadaires, le temps de prendre le pouls des opérations et d’identifier les enjeux à résoudre.

La planification stratégique est aussi passée à une tout autre vitesse. Les plans d’action échelonnés sur plusieurs années se mesuraient soudainement en semaines, voire en jours.

" On s’est dit que même si on ne pouvait plus recevoir les enfants en difficulté dans nos cliniques, on pouvait les visiter (virtuellement) dans leur maison. On a changé de posture en admettant que c’était le temps ou jamais d’être agiles et de saisir nos opportunités. "

Le dénouement

Trois mois après l’ouverture de la clinique virtuelle, Cadleen prend finalement des vacances bien méritées : « Déclic a besoin d’une petite pause, d’absorber toute cette nouveauté. On a transformé la culture au travail, mais on ne se l’est pas encore tout à fait appropriée ».

Bien que la clinique virtuelle se soit présentée comme une mesure d’urgence, celle-ci s’est avérée un formidable tremplin pour développer de nouveaux marchés. Les services sont désormais offerts à des enfants vivant dans plusieurs régions du Québec, dont certains endroits reculés où les services pédagogiques spécialisés sont une denrée rare.

Les leçons à retenir

Selon Cadleen, c’est sa culture axée sur la transparence qui a permis à Déclic de traverser cette période mouvementée. La femme d’affaires conseille aux entrepreneurs d’oser afficher leur vulnérabilité, d’être agiles dans leurs rôles et responsabilités, de favoriser l’inclusion et d’être collés à leur cash flow. Enfin, et surtout, le stress de l’imprévu – quoique désagréable – s’avère le meilleur engrais pour nourrir des opportunités inespérées.

Partager ceci

Façonner l’organisation de demain en bâtissant des produits logiciels simples qui améliorent les façons de travailler.