Un Lab d’innovation : c’est quoi et c’est fait pour qui ?

Discussion Lab Innovation Simon De Baene

En quelques mots.

Dans cette série on jase innovation et tech avec notre CEO Simon De Baene. En démystifier les contours pour en voir les (vrais) dessous. En mode conversation.

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GSoft

En 2017, on décidait de fermer totalement notre division de services, pour devenir une compagnie 100 % dédiée aux produits. Cette même année, on créait le Laboratoire d’innovation (le Lab quoi). Une branche indépendante du reste de nos activités qui a aujourd’hui une seule vocation ; bâtir les futurs produits de la famille GSoft.

Tu peux nous dire c’est quoi pour toi un Lab d’innovation ?

S.D.B: Le succès est un couteau à double tranchant. Quand tu pars de rien, tu es prêt-e à tout pour créer ton premier succès. À partir de là, il devient ton univers tout entier. Un petit succès devient un moyen succès, puis un grand. C’est sans fin. Le problème c’est lorsque ce succès prend toute la place, il ne reste plus de temps pour créer le prochain. Le Lab permet de bâtir les suites, les what’s next.

« Avoir un Lab d’innovation, c’est créer un espace pour explorer et bâtir les prochains succès. »

Simon De Baene,
Co-fondateur et PDG, Gsoft

C’est plus pertinent que jamais dans le contexte d’une organisation comme GSoft : on veut créer une famille de produits, on veut se diversifier, on veut en mener plus large dans notre industrie, on veut continuer de croître, de se renouveler, de saisir les opportunités, et on veut préparer notre futur. Le Lab, au final, c’est notre branche d’exploration.

Comment fonctionne le nôtre ?

S.D.B: Le Lab de GSoft se concentre uniquement à bâtir de nouveaux produits avec un potentiel commercial. C’est donc un univers très appliqué et très peu théorique. On ne se perd pas dans les grands mots et les grandes théories. On a une idée, on cerne le marché, on exécute notre plan. That’s it. On s’assume complètement dans ça.

Notre dernier produit Softstart est un bon exemple de ce qu’on fait. On a cerné un besoin au sein de plusieurs organisations incluant GSoft. Soit la nécessité d’humaniser l’arrivée de nouveaux employé-es. On a testé le marché, avec un MVP (Minimum Viable Product) et l’intérêt était palpable. Ensuite, on a décidé d’y aller all-in.

Expérimentation Lab Innovation

Ce qui est cool c’est qu’on développe des produits pour nous-mêmes, on règle un problème qu’on vit nous-mêmes.

Comment on passe de promouvoir l’innovation au sein d’une compagnie à bâtir de nouveaux produits?

S.D.B: Le Lab a définitivement évolué au fil des années. Promouvoir l’innovation au sein de la compagnie, organiser des hackathons, expérimenter sur un peu de tout, élaborer des nouveautés sur nos produits existants, concevoir un processus d’innovation pour GSoft.

On a fait de tout par l’entremise du Lab, et chaque étape a contribué à sa façon à faire avancer la compagnie, mais jamais autant qu’on le voudrait. Aujourd’hui, le Lab a une seule vocation : créer les futurs produits de GSoft.

Notre prise de conscience a surtout été axée sur l’importance de reconnaître qui nous sommes chez GSoft. On a toujours voulu régler des problèmes très concrets, on ne vient pas vraiment du milieu académique, on aime naviguer dans le concret. Le Lab n’a jamais autant ressemblé à GSoft que sous sa forme actuelle.

Quels sont nos défis (vrais, complexes et excitants) au Lab?

S.D.B: Je dirais..

  • Créer des produits à la fois simples et puissants. Il faut pousser la créativité et le design à un autre niveau, et c’est plus important que jamais de nos jours.
  • Créer de la bonne technologie c’est-à-dire ne pas se perdre à s’amuser avec de nouvelles technologies pour le simple plaisir de le faire. C’est tentant de vouloir tester de nouvelles technologies, mais si on ne règle aucun problème concret, ça devient un « trip technologique ».
  • Livrer de la nouvelle valeur chaque semaine. On n’a pas le luxe d’avoir un cycle de développement trop long. Il faut travailler de manière à créer de la valeur dans un court cycle de développement. Il ne faut pas se perdre pendant des mois à essayer de gérer tous les cas inimaginables.
  • Bâtir le bon produit qui va bien répondre aux besoins du marché. Souvent on a une bonne idée, mais c’est rare qu’on tombe sur la bonne solution du premier coup. C’est vraiment là que l’expression « the devil is in the details  » prend tout son sens.
  • Créer une culture de startup dans une compagnie comme GSoft qui existe depuis plus de 15 ans. On recherche de bonnes personnes capables de s’intégrer à ce contexte.   

Création Lab Innovation

Chez GSoft, créer des bons logiciels, ça prend les bonnes personnes.

S.D.B: Travailler chez GSoft et plus particulièrement au sein du Lab d’innovation, ce n’est pas fait pour tout le monde. On en est bien conscient-es. L’inconnu fait partie du quotidien. On crée des choses pour lesquelles on ne peut se fier à aucun historique. On doit naviguer dans le brouillard et faire confiance à notre instinct.

« Il faut être à l’aise avec l’idée de tricoter son parachute durant la chute libre. »

Quelques petits atouts que l’on recherche au Lab :

  • La capacité de trouver son chemin seul-e sans avoir une liste de tâches exactes.
  • Pouvoir s’autogérer dans un environnement qui nécessite une grande autonomie.
  • Savoir prendre des décisions risquées régulièrement. Se lancer un peu dans le vide and hope for the best.
  • Savoir gérer le risque. On part de rien, tout est à faire. Et, oui, parfois c’est risqué.
  • C’est un peu de la folie bâtir un produit… quand tout semble indiquer que rien ne fonctionne, c’est souvent là que tu dois pousser encore plus.
  • Le Lab est une petite équipe, donc pas le choix de porter plusieurs chapeaux et de s’entraider! C’est ce qu’on fait chez GSoft, au quotidien.

D’ailleurs, comment on aborde l’échec chez GSoft ?

S.D.B: L’échec n’est pas souhaitable on s’entend, mais il est aussi difficilement évitable. Chez GSoft, on entend rarement le mot « échec » comme tel, on parle plutôt d’expérimentation. L’idée c’est d’itérer rapidement sur des pistes de solution et les faire évoluer ou les arracher complètement.

On se plante souvent oui, et je pense que le plus important c’est d’être capable de se l’avouer « yep, on l’a échappé ». C’est cette capacité de reconnaître nos échecs qui fait les bons leaders dans le contexte d’un Lab.

On a tenté de lancer plus d’une vingtaine de produits dans l’histoire de GSoft, et seulement deux produits ont vraiment levé. Pour moi, c’est l’exemple le plus marquant d’expérimentation. On essaye, on se plante, on recommence. ShareGate et Officevibe ont vécu ça. Même si Softstart est notre petit dernier et qu’on en est fier-ères, on sait qu’il va aussi se heurter à des obstacles.

« On a tenté de lancer plus d’une vingtaine de produits dans l’histoire de GSoft, et seulement deux produits ont vraiment levé. Pour moi, c’est l’exemple le plus marquant d’expérimentation. »

Si je te dis « naviguer dans l’inconfort », tu me réponds quoi?

S.D.B: Je te dirais qu’il est fort possible qu’on se pète le nez dans le mur. Shit happens.

As-tu des conseils pour rester à flot ?

S.D.B: S’entourer des bonnes personnes qui comprennent et respectent la réalité de bâtir un nouveau produit à partir de rien. Cet alignement est crucial pour avancer et traverser les différentes tempêtes.

Que dirais-tu à une personne qui hésite à venir travailler au Lab?

S.D.B: Que ce n’est pas pour tout le monde, mais si tu as le goût de :

  • Apprendre à bâtir un produit
  • Vivre l’expérience d’une startup
  • Évoluer plus vite que jamais
  • Porter plusieurs chapeaux
  • Mettre les mains à la pâte concrètement

Alors… hésite pas à appliquer, même de façon spontannée. On est toujours à la recherche du beau monde!